Je suis une fille de l’hiver


Je suis une fille de l’hiver (2016)
Laurie Halse Anderson
Editions La belle colère
316 pages
Young-adult, contemporaine

Résumé : Lia et Cassie étaient amies depuis l’école. « Filles de l’hiver », elles ont grandi prisonnières de corps fragiles et concurrentes dans la course morbide à la minceur. Elles ont dix-huit ans maintenant, et leurs chemins se sont séparés. Malgré cela, Cassie a appelé Lia trente-trois fois la nuit de sa mort. Et Lia n’a jamais répondu.
La voici seule à présent, hantée par les souvenirs, avagée par la culpabilité et toujours obsédée par la maigreur. Commence un long monologue intérieur, pétique et fiévreux, si juste et nécessaire.


Lecture poignante, époustouflante, Je suis une fille de l’hiver ne m’a pas laissée insensible. Lia, anorexique, traverse un épisode compliqué de sa vie : dès le début du livre, on découvre avec elle la mort de son ex-meilleure amie, anorexique elle aussi. Je me suis sentie directement immergée dans l’histoire, chose importante à mes yeux et ma foi très plaisante.

Laurie Halse Anderson a une plume d’ange. Son écriture est douce, ses métaphores sublimes, les mots employés sont d’une justesse incroyable. La nourriture est omniprésente dans le livre : le focus est réellement fait là-dessus. Parfois de manière subtile, parfois non, on ressent l’obsession de Lia pour cette dernière, qui ne fait que compter les calories. La lecture se fait vraiment facilement et c’est très agréable.

La trame de l’histoire tourne autour de cette maladie, et de la mort de Cassie, meilleure amie de Lia. Pourquoi a-t-elle tant voulu appeler Lia la nuit de sa mort ? Il y a une petite part de mystère, agréable, qui fait en sorte que le lecteur reste accroché au bouquin. Je n’ai ressenti aucune longueur, non : tout était justement dosé, comme une recette parfaitement équilibrée, si je puis me permettre la comparaison. La fin de l’histoire m’a plu : je n’en attendais pas plus, ni moins. Elle suffisait amplement et ne m’a donc pas déçue.

Je suis une fille de l’hiver n’est pas un coup de cœur, non, c’est plus que cela : c’est un bijoux, un petit diamant à savourer précieusement, tant le sujet abordé l’est fait si justement et avec les mots parfaits.

On se donnait la main pour traverser la forêt sur le sentier de pain d’épices, et le sang coulait de nos doigts. On a dansé avec des sorcières et embrassé des monstres. On s’est transformées en filles de l’hiver et quand elle a tenté de s’enfuir, je l’ai ramenée de force dans la neige parce que j’avais peur d’être seule.

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